Chômage après 55 ans : ce que change la « nouvelle loi » en 2026

Beaucoup de demandeurs d'emploi cherchent la « nouvelle loi chômage seniors 2026 ». En réalité, aucune loi nouvelle n'a été votée en 2026 : ce sont les règles de la convention d'assurance chômage entrée en vigueur le 1er avril 2025 qui s'appliquent, avec des bornes d'âge relevées à 55 et 57 ans, une durée maximale de 27 mois et une dégressivité dont les seniors restent exonérés. Voici l'explication complète, plus un simulateur de durée et de montant.

Simulateur durée et montant ARE senior

« Nouvelle loi chômage 2026 » : de quoi parle-t-on vraiment ?

Aucune loi spécifique au chômage des seniors n'a été adoptée en 2026. Ce que les demandeurs d'emploi appellent la « nouvelle loi » regroupe en fait trois textes successifs qui produisent leurs effets aujourd'hui :

  • la réforme des retraites de 2023, qui a porté l'âge légal de départ à 64 ans et repoussé donc l'horizon du maintien de l'ARE jusqu'à la retraite ;
  • la modulation contracyclique de la durée d'indemnisation, en place depuis 2023 : la durée est réduite de 25 % lorsque le chômage national reste sous 9 % ;
  • la convention d'assurance chômage applicable depuis le 1er avril 2025, qui décale les bornes d'âge de la filière senior : 53-54 ans devient 55-56 ans, et 55 ans et plus devient 57 ans et plus.

Concrètement, un salarié de 54 ans licencié en 2026 relève désormais de la filière générale (18 mois d'indemnisation maximum), alors qu'avant avril 2025 il aurait obtenu jusqu'à 22,5 mois. C'est ce durcissement, très commenté, qui alimente les recherches sur la « nouvelle loi chômage seniors ».

Le calcul du montant n'a en revanche pas été modifié : notre simulateur ARE France Travail applique toujours la formule Unédic classique.

Durée d'indemnisation par âge : avant et après la réforme

Âge à la fin du contratAvant avril 2025Règle 2026
Moins de 53 ans18 mois18 mois
53-54 ans22,5 mois18 mois
55-56 ans27 mois22,5 mois
57 ans et plus27 mois27 mois

Les durées indiquées intègrent le coefficient de 0,75 lié à la conjoncture. En cas de remontée du chômage au-delà de 9 %, ces plafonds reviendraient à 24 mois, 30 mois et 36 mois. Pour un calcul détaillé selon votre nombre de mois travaillés, utilisez notre page durée d'indemnisation chômage.

Comment se calcule le montant de l'ARE après 55 ans

Le montant ne dépend pas de l'âge. France Travail calcule d'abord le salaire journalier de référence (SJR) à partir des salaires bruts des 24 derniers mois (36 mois pour les 55 ans et plus), puis retient le plus favorable des deux calculs :

  • 40,4 % du SJR + 12,95 € par jour ;
  • 57 % du SJR.

Le résultat est encadré : au minimum 31,97 € par jour, au maximum 75 % du SJR. L'ARE brute subit ensuite la CSG (6,20 %) et la CRDS (0,50 %), ainsi qu'une retenue de 3 % au titre de la retraite complémentaire lorsque l'allocation dépasse le minimum.

Exemple. Un cadre de 58 ans gagnait 4 200 € brut par mois. SJR = 4 200 × 12 / 365 = 138,08 €. Formule 1 : 138,08 × 0,404 + 12,95 = 68,74 €. Formule 2 : 138,08 × 0,57 = 78,70 €. L'ARE retenue est donc 78,70 € par jour, soit environ 2 361 € brut par mois, versée jusqu'à 27 mois.

Si vous partez par accord amiable, vérifiez d'abord le différé avec notre page chômage après rupture conventionnelle.

Trois exemples chiffrés de droits en 2026

ProfilSalaire brutDuréeARE mensuelle
Employée, 55 ans, 36 mois travaillés1 900 €22,5 mois≈ 1 068 €
Technicien, 57 ans, 36 mois travaillés2 800 €27 mois≈ 1 574 €
Cadre, 60 ans, 36 mois travaillés4 200 €27 mois≈ 2 361 €

Ces montants sont bruts. Pour convertir en net après CSG, CRDS et retraite complémentaire, comptez environ 8 à 9 % de retenues au-delà de l'allocation minimale. Notre calcul d'indemnité chômage détaille chaque prélèvement.

Maintien de l'ARE jusqu'à la retraite : les conditions 2026

C'est le dispositif le plus important pour les demandeurs d'emploi proches de la retraite. Il permet de continuer à percevoir l'ARE après épuisement de la durée normale, jusqu'à l'obtention du taux plein. Cinq conditions cumulatives :

  • avoir atteint 64 ans, l'âge légal issu de la réforme 2023 (62 ans et 9 mois à 64 ans selon la génération, en montée progressive) ;
  • être indemnisé depuis au moins un an sans interruption ;
  • justifier de 12 ans d'affiliation à l'assurance chômage ;
  • avoir travaillé un an en continu ou deux ans discontinus dans les cinq années précédant la fin du contrat ;
  • totaliser au moins 100 trimestres validés pour la retraite.

Le maintien s'arrête au plus tard à 67 ans, âge du taux plein automatique. Il peut être plus avantageux de vérifier au préalable si un rachat de trimestres ou un départ pour carrière longue permet un taux plein plus tôt ; notre simulateur de retraite permet de comparer les deux scénarios.

Erreurs et pièges à éviter après 55 ans

  • Croire que 53 ans ouvre encore la filière senior : depuis avril 2025, le premier palier est à 55 ans révolus à la date de fin du contrat, pas à la date d'inscription.
  • Signer une rupture conventionnelle quelques semaines avant son anniversaire : décaler la fin du contrat après 55 ou 57 ans peut ajouter plusieurs mois d'indemnisation.
  • Oublier le CSP : en licenciement économique, l'allocation de sécurisation professionnelle (75 % du brut) est souvent supérieure à l'ARE. Le délai d'acceptation est de 21 jours.
  • Négliger le différé d'indemnisation : une forte indemnité supra-légale peut décaler le premier versement de 150 jours ; anticipez la trésorerie avec notre calcul d'indemnité de licenciement.
  • Ne pas déclarer une activité réduite : le cumul salaire-ARE est autorisé et repousse la fin des droits, mais toute omission entraîne un trop-perçu récupérable.
  • Attendre pour s'inscrire : l'inscription doit intervenir dans les 12 mois suivant la fin du contrat, sinon les droits sont perdus.

Et après l'ARE ? ASS, retraite et cumul emploi

En fin de droits, plusieurs relais existent. L'allocation de solidarité spécifique (ASS), d'environ 18,17 € par jour, est accessible sous conditions de ressources après cinq ans d'activité salariée sur les dix dernières années. Elle valide également des trimestres de retraite.

Le cumul emploi-ARE reste la solution la plus efficace pour prolonger l'indemnisation : chaque jour non indemnisé au titre d'une activité reprise repousse d'autant la date de fin de droits, ce qui peut couvrir plusieurs mois supplémentaires jusqu'à la retraite.

Enfin, si vos ressources deviennent très faibles, vérifiez l'éligibilité au RSA et aux aides au logement (APL), ainsi qu'à la prime d'activité en cas de reprise à temps partiel.

Pour une lecture par âge précis, consultez aussi notre page chômage senior à 59 ans.

Questions fréquentes sur la nouvelle loi chômage seniors