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ARE et chômage en 2026 : comment sont calculés vos droits France Travail

• 9 min de lecture

Perdre son emploi soulève immédiatement une question : combien vais-je toucher, et pendant combien de temps ? L'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) versée par France Travail obéit à des règles précises, réformées à plusieurs reprises ces dernières années. Ce guide explique le calcul pas à pas, avec les paramètres en vigueur en 2026.

1. Les conditions d'ouverture des droits

Pour ouvrir des droits à l'ARE, il faut avoir travaillé au moins 6 mois (130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois — 36 mois pour les 53 ans et plus. La perte d'emploi doit être involontaire : licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle. Une démission n'ouvre pas de droits, sauf projet professionnel validé par la commission CPIR après 4 mois de carence.

2. Le salaire journalier de référence (SJR)

Tout part du SJR : la somme des rémunérations brutes perçues pendant la période de référence, divisée par le nombre de jours calendaires (travaillés ou non) de cette période. C'est la réforme de 2021 : les périodes sans travail « diluent » le SJR et donc l'allocation. Primes 13e mois et primes annuelles sont lissées sur la période.

3. Le taux de remplacement : 57 % ou 40,4 % + 12,95 €

L'ARE journalière est le montant le plus favorable entre deux formules :

  • 57 % du SJR ;
  • 40,4 % du SJR + 12,95 € par jour (montant 2026).

La première formule avantage les bas et moyens salaires, la seconde les profils avec des périodes d'inactivité dans la référence. L'allocation ne peut être inférieure à environ 31,97 €/jour ni supérieure à 75 % du SJR. Pour obtenir votre montant exact, utilisez notre simulateur d'indemnité chômage 2026.

4. La durée d'indemnisation selon l'âge

Depuis la réforme de 2023, la durée maximale dépend de l'âge au dernier jour travaillé :

  • Moins de 53 ans : 18 mois maximum ;
  • 53-54 ans : 22,5 mois ;
  • 55 ans et plus : 27 mois.

La durée réelle correspond au nombre de jours travaillés pendant la période de référence, dans la limite du plafond. Un coefficient de dégressivité (0,75 en période de faible chômage) peut s'appliquer aux moins de 57 ans. Consultez notre page durée d'indemnisation chômage pour le détail complet.

5. La dégressivité pour les hauts revenus

Les allocataires de moins de 57 ans dont l'ARE dépasse environ 4 500 € bruts mensuels subissent une réduction de 30 % à partir du 7e mois d'indemnisation. Cette mesure, maintenue en 2026, vise à inciter au retour rapide à l'emploi des cadres supérieurs.

6. Les cas particuliers à connaître

Rupture conventionnelle

Elle ouvre les mêmes droits qu'un licenciement, sans délai de carence spécifique (hors différé d'indemnités supra-légales). Voir notre analyse chômage après rupture conventionnelle.

Seniors de 55 ans et plus

La nouvelle convention 2025-2026 a modifié les règles pour les seniors : durées allongées, maintien possible jusqu'à la retraite. Tout est détaillé dans notre page chômage après 55 ans : nouvelle loi.

Cumul emploi-chômage

Reprendre une activité réduite pendant l'indemnisation est possible : 70 % du salaire brut repris est déduit de l'ARE mensuelle, dans la limite du salaire de référence.

Exemple chiffré

Salarié de 40 ans, 2 800 € brut/mois en CDI pendant 3 ans sans interruption : SJR ≈ 92 €, ARE ≈ 52,4 €/jour soit environ 1 570 € net/mois, pendant 18 mois maximum. Faites votre propre simulation avec notre simulateur ARE France Travail.